Ce voyage est l'aboutissement d'un travail de recherche à partir d'un ouvrage de Pierre Loti "au Maroc" qui relate les péripéties d'un voyage de l'auteur ,alors officier de marine , dans le cadre d'une visite d'un ministre (Jules Patenôtre) ambassadeur de France à Tanger au sultan de Fes souverain du Maroc en avril 1889.
Ce voyage s'est effectué à cheval sur des pistes plus ou moins marquées avec un faste remarquable. Le récit de Loti nous éclaire merveilleusement sur les us et coutumes de l'époque , les paysages et les anecdotes de ce périple mémorable. Malheureusement les références géographiques sont infimes et il m'a fallu chercher dans le journal de Loti , dans les archives des ambassades (à Nantes) et dans les écrits de ses biographes quelques indices pour m'éclairer sur le trajet de son expédition.D'autre part étant donné l'absence de cartes détaillées j'ai dû accomplir ce pélerinage en empruntant des petites routes au plus près de son réel parcours (je n'avais pas de cheval et le paysage a beaucoup changé par endroit) J'ai cependant respecté les étapes marquantes de son voyage.
Vendredi 11 avril:
Je suis à Séte lieu de mon embarquement pour Tanger et çà commence mal car le contrôleur me renvoie au guichet pour m'acquitter du supplément Vélo; je demande le responsable et l'informe que la COMARIT m'a certifié au téléphone qu'il n'y aurait pas de supplément; tout s'arrange aprés quelques palabres; je prends possession de ma cabine et visite le bateau ; mon co-cabinier est un motard et 2 casques (de taille différente) sont accrochés côte à côte !
Je dine avec 2 toulousains : un jeune informaticien qui va voir ses parents à Rabat et un jeune retraité en mission humanitaire (aide à l'installation de jeunes maghrebains au Maroc)
Le motard est de Villefranche sur Saône et part 3 semaines sillonner le Maroc.

surtout ne rien oublier !


Avant l'embarquement

Les girafes de Sète

Nous quittons Sète

La chaloupe de sauvetage!...
Samedi 12 avril:
Soleil ; je suis sur le pont regardant le sillage du bateau ; à droite les baléares à gauche l'Espagne (invisible pour le moment)
Solarium lecture et sudoku sont au menu ; repas en compagnie du jeune marocain puis je fais la queue pour les formalités de douane.
Dimanche 13 avril:
Nous sommes entre l'Espagne et le Maroc et Tanger est bien visible du bateau.Mon motard de chambrée me dit que je suis bien courageux car le relief du Rif est mouvementé.
La mer a été calme pendant toute la traversée ; les choses sérieuses vont commencer.
Après l'arrivée dans le port de Tanger et l'au revoir à Omar (que je prends en photo) je sors du ventre du paquebot en direction de la place du grand Socco (lieu de départ de Loti) où je me fais photographier par un jeune du coin.
Aprés avoir changé de l'argent je prends la direction de Tétouan : la sortie de Tanger n'en finit pas et est en perpétuelle construction (les bâtiments collectifs s'intègrent assez bien dans le paysage) Je m'arrête acheter des oranges , un melon et des fèves (mon péché mignon) chez des paysans sympas qui m'offrent mon premier thé à la menthe et qui veulent à tout prix mon n° de téléphone et mon nom
La route est passablement empruntée et les chauffeurs emettent souvent des coups de klaxon d'encouragement et ne me frôlent pas trop !
30 kms plus loin je bifurque vers Larache; les prés sont fleuris et plein d'asphodéles (qui avaient emerveillé Loti)
8 kms plus loin je prends une tangente pour le village de où j'achète du pain et un jus d'ananas ; je continue pour rejoindre la route de Larache; que nenni c'est un cul de sac sur un barrage de la rivière; un jeune m'avertit assez tôt et j'en profite pour manger au bord de l'oued.
Le même jeune me réveille au milieu de ma sieste pour m'offrir un verre d'eau (il goute d'abord : çà doit se faire!) et discuter un peu :il travaille à Tanger et est en week-end dans sa famille.
Je rejoins la fameuse route en montagne russe (mais bon revêtement); en haut d'une longue côte(à un col) je savoure un très bon café avec des gateaux excellents vendus par un jeune qui passe entre les tables.
Le troquet est en effervescence , c'est dimanche , çà court dans tous les sens , les agneaux sont en broche, tout le monde s'interpelle :çà vit quoi!
Les 2 autres cafés à côté (quoique ouverts ) sont entièrement vides!
Arrivé à Souk el Yamani je bois un coca en terrasse ; des jeunes me branchent pour me dire que la route de Tetla Raissana est étroite et que je ne trouverais ni à manger ni à coucher dans le village.
Je m'obstine néammoins; donc je prends la route étroite (et défoncée) et là les voitures entre les trous et les cyclistes ils choisissent devinez quoi?
Bref 2 bornes plus loin je crève (pincement) et comme par hasard la roue arrière (ce qui équivaut à sortir les sacoches et tout le barda) Donc je démonte met ma rustine mais quand je remonte le bitoniau du serrage rapide fout le camp dans l'herbe !... Je suis à 4 pattes quand un ouvrier agricole se joint à moi et nous voilà tous les 2 le nez dans l'herbe ; heureusement je trouve le truc, remercie mon chercheur et repars vent arrière ; j'en suis déjà à 95 kms ; à la jonction pour tetla raissana j'hésite : à gauche le village où je risque de faire chou blanc et à droite Larache l'océan (et des hotels) à 15 kms. je choisis à droite mais c'est galère car il faut comme passer des grosses dunes successives et il n'y a plus le vent arrière . Bon je persiste jusqu'à Larache qui n'en finit pas d'arriver (et elle est où la mer?) comme par hasard il faut monter pour aller au centre où sont les hotels.
Le 1er est complet le 2me a encore des chambres à 220 dirhams : çà me va ; je prends une douche (à peine tiède) après avoir failli m'endormir je marche un peu dans la médina: il y a un peuple d'enfer . Je vais au petit resto en face de l'hotel sans prétention mais copieux et pas cher (soupe soles et thé) et je vais me cou ....cher
116 kms aujourd'hui ; demain ce sera moins long . hum il est bon ce thé!

Arrivée sut Tanger

Omar le toulousain de Rabat !

Place du grand socco (départ de LOTI) mais où sont les chameaux?

Mes potes du service de renseignement !

Coiffure typique des paysannes

HLM de luxe !à la sortie de Tanger !

Y a qu'à se servir !

Parking sans péage

Lieu du repas au bord de l'oued

Le fameux barrage

Paysage du rif
Lundi 14 avril :
Aprés un petit déjeuner dans un café près de l'hôtel je suis allé voir l'océan à 2 pas (des détritus pleins les falaises) et j'ai marché dans le dédale des rues pittoresques des vieux quartiers ; un quidam m'a même demandé si je cherchais une maison à acheter!
Il est 9h; je demande au gérant de l'hôtel s'il y a des chemins pour suivre la côte ; il m'affirme que non; un jeune plus loin me dit la même chôse, mais je persiste et signe: il y a bien un chemin plus ou moins sablonneux qui suit la côte; des jeunes chargent leurs anes de sable que des camions viennent chercher plus haut.
Je rencontre (et prend en photo) un berger sympa qui me dit que les sortes de guérites qui jalonnent le bord de mer sont des postes d'observation des bateaux clandestins (par la police)
Je retourne ensuite à la civilisation par une magnifique pinède; bref, je me remplis les poumons d'oxygène avant d'affronter la route de Ksar el Kebir très passagère : ils roulent comme des fous et doublent n'importe quand(le cycliste en face n'existe pas ! pourtant des double klaxons d'amitié ponctuent mon parcours.
J'achète (sur le bord de la route) une barquette de fraises que le paysan me nettoie à l'eau et me met délicatement dans la sacoche de guidon : je peux ainsi me servir en pédalant.
Plus loin où le souk bat son plein ( ) je sirote un thé à la menthe sur une terrasse ; je dois être le seul étranger à des kms à la ronde; quand je demande l'addition le serveur m'annonce 20 dirhams ; avant que je ne réagisse le patron rectifie le tir en annonçant 4 dirhams (le serveur voulait profiter du touriste !)
J'arrive à Ksar el Kebir vers 12h15 ; il y a beaucoup de monde partout ; j'achète une boisson aux pommes et 2 yaourts et je file pique niquer près de l'oued loukos (celui que P Loti ne pouvait traverser car il était en crue) des écoliers viennent tour à tour faire la conversation ; une jeune fille m'ofre de l'eau et un sandwich aux olives mais je suis gavé .
Je repars ensuite vers Souk el Garba .Sur la route je prends un café prés de nombreuses cabanes de potiers (sans personne) et continue vers le village ; dans une montée un vieux monsieur veux m'offrir le café et j'ai l'impolitesse de refuser (je n'ai pas assez de temps ) Plus loin je fais une sieste près d'un champ de fèves où je déguste ma dernière orange.
Je rejoins Souk el Garba vers 17h30; le meilleur hôtel (d'après un autochtone) c'est celui où je suis: comment doivent être les autres ? pas d'eau chaude (paraît il après 20h) tout est déglingué ; 1 lumière sur 4 marche : enfin pour 100dh (8 euros) je ne vais pas faire le difficile.
Je suis allé manger des côtelettes d'agneau avec frites et salade (+coca et bien sûr thé à la menthe (70 dh) je crois qu'il m'a vu venir il faudra que je négocie avant !
20h je suis au lit soirée sudoku et dodo
Larache
Larache : les fortifications
Ruelles de la Médina
Le triporteur
Le berger
La pinède avant la route
Les visiteurs de midi
La route
Salines ..loin de la mer !
Une pincée de sel ?
Du blé au mois d'avril
Mardi15 avril :
Réveillé tôt et oh surprise mon portable (pour une fois ouvert) sonne : c'est Michele ; on la croirait dans le souk d'à côté!
Je pars directement sans petit déjeuner vers la route que je crois être celle de Sidi Kacem pensant m'arrêter à 15 kms (Chakri) ; effectivement à 15 kms un village (le nom est uniquement marqué en arabe)je commande une omelette et un grand café noir et c'est reparti ; je devrais normalement bifurqué à gauche au bled suivant pour quitter cette route ; le bled suivant est plus proche que sur la carte : c'est un véritable marché ambulant : des charrettes arrivent de tous côtés pleines de gens de volailles de légumes.
Je continue et oh stupeur je traverse une grande rivière que je crois être l'oued sebou ; au croisement suivant 3 jeunes confirment ma méprise : je suis parti sur la route de Kenitra ; plutôt que de revenir à mon point de départ je prends donc en travers d'une vaste zone maraîchère. Au premier village pour me consoler je déguste mon 1er coca de la journée (25 centimes d'euro : c'est le record !) les gens sont trés sympa et les enfants béats d'admiration devant mon VTT. Je prends donc la direction de Sidi Slimane avec des cyclistes qui reviennent des champs; on tente de se comprendre avec les mains.
Plus loin à Dar Gueddari j'achète oranges bananes eau et yaourt ; un jeune m'aide à mettre l'eau dans mon Kamel back, un autre tient mon vélo et c'est reparti. A gauche une usine avec une grande cheminée et une queue d'une vingtaine de camions chargés de canne à sucre!
Je passe prés d'une école et pris de remords je reviens parler aux enseignants dont l'un d'eux me présente à sa classe (d'au moins 40 élèves) mais les enfants ont besoin d'un interprète et sont trop timides pour poser des questions. Je prends 1 photo du groupe dehors et promet d'essayer de créer une correspondance avec une école française.
Plus loin je casse la croûte au bord d'une petite route et entame une sieste sur mon super tapis de sol (déjà 70 kms au compteur!) Je continue vers Sidi Slimane et j'ai toujours quelques écoliers qui veulent faire la course avec moi; au début çà m'amuse mais après je me cale derrière eux. Des enfants me guident dans le village pour trouver la route de Sidi Kacem ; je m'arrête pour un 2me coca un autre gamin m'accompagne jusqu'à la sortie en me questionnant sur mon vélo.Il me reste encore 20 kms tout droit ; je m'arrête manger barre et banane , discute avec des flics qui arrêtent et mettent des herses à tout bout de champ; ils me recommandent le 1er hôtel à Sidi Kacem . C'est rudimentaire juste 1 drap de dessous , pas de serviette ni de savon mais ... de l'eau chaude mon vélo est dans la chambre.
je soupe dans le resto d'à côté d'une soupe et d'un tajine pour 25 dirhams rien à dire
Si c'est pas beau çà !
Sur la route du souk
No pollution !
Cherchez l'erreur !
3 copains et ...un vélo
Les écoliers marocains
La cour intérieure de l'hôtel
Mercredi16 avril:
Lever tôt (6h30) dormi moyen ; je prends un petit dej dans le café à côté direction Meknès ; je demande bien 2 ou 3 fois ma route (chat échaudé...) et sors vite de Sidi Kacem le long d'une rivière ; çà monte sur un plateau avec une belle végétation (blé , oliviers , agrumes) ; je m'arrête discuter avec un berger qui veut m'emmener manger chez ses parents (mais il est 10h ! et je refuse poliment).
En passant près d'une petite mosquée je prends une photo ; il y a un jeune sur le toit de l'édifice qui m'invite à boire le thé accompagné d'une galette dans une pièce unique où il vit (il est le gardien de la mosquée) je le prends en photo et il me donne l'accolade quand je le quitte. La route monte et descend pas loin de la voix ferrée Meknès Tanger . Je m'arrête à Ain al Karma à 15 kms de Meknès pour déguster une omelette coca à la sortie du village : un "cacou" passe et repasse au volant d'une vieille mercedes délabrée (en première et avec beaucoup de fumée!)
Ensuite c'est un peu galère car çà monte et surtout il y a beaucoup de circulation donc de pollution (je suis obligé de mettre un foulard sur le nez!) car çà empeste jusqu'à Meknès
Je trouve facilement l'hôtel de Nice et après un bon bain réparateur je vais à la gare pour les formalités de retour à Tanger mais ils refusent de prendre mon Vélo dans le train ; je vais donc à la CTM mais il n'y a que 3 horaires de bus : 19h 12h et 2h30 : je suis obligé de choisir 2h30 pour avoir ma correspondance bateau. Je prends un petit taxi pour aller sur la grande place Bab el Mansour et dans la Médina j'y mange un sandwich brochette avec un lait de banane et me fais ramener à l'hôtel ::; je leur dis de me réveiller à 2h et je vais prendre mon dessert au salon de thé où nous étions allé l'an passé .A 19h je suis au lit en espérant dormir suffisament avant 2h j'arrive normalement à 7h à Tanger j'aurais le temps de me reposer en terrasse
S
Sidi Kacem
La vaste plaine
Loti l'avait passé à gué
La mosquée (et mon futur hôte)
Le goûter
L'au revoir
Blé et oliviers
Oh des vignes !
Meknes
Place bab el mansour
Jeudi 17 avril:
Arrivée à Tanger à 8h30 (au lieu de 7 h prévu) il pleut.Je mets le vélo à la consigne du port et je monte au café du petit socco prendre le petit déjeuner (le serveur a changé mais pas le petit déjeuner; je fais un tour au souk , me fais raser (sans coupures!) et vais saluer le receptionneur de l'hotel Mamora qui se souvient de moi (nous avions pas mal discuté l'an passé) Je remonte au grand socco et dans la ville nouvelle faire provision de livres aux "colonnes" librairie célèbre de Tanger ; aprés avoir retiré de l'argent je rentre visiter une expo photo au grand hotel Menza ; j'en profite comme je suis à l'intérieur pour me payer un super repas (30 euros , là bas c'est du grand luxe) vu ma tenue je ne pense pas qu'ils m'auraient accepté à l'entrée ; je suis seul avec 4 serveurs le menu est très bon , je discute pas mal avec un serveur.
L'après midi comme il pleut je prends un thé à la menthe et je vais voir un film "celui qui a tué jesse James" pas mal mais pas inoubliable.
A 19h je récupère le vélo et j'embarque; ils veulent encore me faire payer le passage du vélo ; je demande le grand chef qui consent que mon vélo soit transformé en bagage : donc je dois enlever une roue et le porter sur le dos avant de l'installer à la bagagerie (et non avec les véhicules comme à l'aller)
Je récupère ma chambre , mange au 1er service et couché tôt avant même que le bateau ne parte
Vendredi 18 avril:
J'ai passé la journée sur le pont entre sudoku lecture et discussion avec un congressiste que j'avais rencontré à l'aller
Matin lecture de "jour de silence à Tanger" de BenJelloun et l'après midi "le pain nu" de Choukri : les 2 livres sont une description de la vie à Tanger vers 1940 , le 1er d'un vieillard le 2me d'un enfant de la rue
Le soir je suis à la table de navigateurs baroudeurs qui comme par hasard aiment le désert et d'un guide de Thonon qui passe 6 mois au Mali et en Mauritanie et 6 mois en France
Samedi 19 avril :
Le temps est couvert , j'ai hâte d'arriver à Sète.
L'arrivée à Sète
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